Sankei-en — Pourquoi tant de bâtiments historiques sont-ils réunis en ce lieu ?

Sankei-en — Pourquoi tant de bâtiments historiques sont-ils réunis en ce lieu ?

Si autant de bâtiments historiques se trouvent rassemblés à Sankei-en, c'est parce qu'un homme, l'industriel Hara Sankei, a voulu préserver une architecture…

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Si autant de bâtiments historiques se trouvent rassemblés à Sankei-en, c'est parce qu'un homme, l'industriel Hara Sankei, a voulu préserver une architecture japonaise qui risquait de disparaître à jamais. De Kyoto, de Kamakura, de la province de Kishū — des temples, des pavillons de thé, des maisons paysannes à charpente en mains jointes furent démontés pièce à pièce, puis transportés jusqu'à Honmoku, aux abords de Yokohama. Cet homme qui accomplit une telle œuvre avait fait sa fortune dans le commerce de la soie grège. Son vrai nom était Hara Tōtarō. Il ne fut pas un simple collectionneur. De l'ère Meiji à l'ère Taishō, alors que des édifices historiques étaient menacés de démolition aux quatre coins du Japon, il les racheta de ses propres deniers, les fit réédifier dans son vaste jardin et en assura la conservation. Sankei-en abrite aujourd'hui dix-sept bâtiments historiques disséminés dans l'espace verdoyant. Parmi eux figurent la vieille pagode à trois étages du Tōmyō-ji, érigée à l'époque de Muromachi, ainsi que le pavillon de thé Shunsōro, que l'on attribue à Uraku, frère d'Oda Nobunaga. Des édifices qui auraient dû demeurer à Kyoto, à Kamakura ou en quelque autre contrée se trouvent préservés à Yokohama. Derrière ce mystère apparent, il y a l'esthétique et le sens du devoir d'Hara Sankei. Hara Sankei fut également connu comme mécène des arts. Il soutint des peintres majeurs de la peinture japonaise moderne — Yokoyama Taikan, Shimomura Kanzan, Maeda Seison — les invitant à Sankei-en pour leur offrir un lieu de création. Ce jardin fut ainsi, tout autant qu'un écrin de verdure, le berceau de l'art japonais. Sankei-en s'étend au sud de la Marine Tower, vers la bande de verdure longeant la mer au-delà de Honmoku. D'ici, il est sans doute difficile d'en apercevoir directement le moindre vestige. Et pourtant, la profondeur culturelle d'une ville ne se mesure pas uniquement à ce que le regard peut saisir. Yokohama est certes connue comme la ville qui accueillit la culture occidentale par ses ports ouverts. Mais ce fut aussi la ville où un homme choisit de protéger, de rassembler et de transmettre aux générations futures les trésors de la tradition japonaise. Sauver ce qui s'effondre, lui offrir un nouveau sol où s'enraciner. Sankei-en dit, avec une discrétion que n'égale que sa force, l'autre richesse de Yokohama. Adresse : 58-1 Honmoku Sannotani, Naka-ku, Yokohama Ouverture au public : 1906 (ouverture du jardin extérieur) Fondateur : Hara Sankei (Hara Tōtarō, 1868–1939) Superficie : environ 175 000 ㎡ Bâtiments historiques : 17 (dont 10 biens culturels importants désignés par l'État et 3 biens culturels tangibles désignés par la ville de Yokohama) Bâtiments remarquables : Vieille pagode à trois étages du Tōmyō-ji (époque Muromachi), Rinshunkaku (époque Edo), Shunsōro (époque Momoyama) Classement : Site pittoresque désigné par l'État

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